Un test d’antidérapance mesure une surface à un instant donné
Lorsqu’on choisit une pierre naturelle pour une terrasse, une plage de piscine, un escalier ou un espace extérieur, la question de la glissance est évidemment essentielle.
Pour répondre à cette problématique, les fabricants et distributeurs peuvent faire réaliser des essais dans des laboratoires spécialisés. Ces essais permettent de mesurer la résistance à la glissance d’une surface selon des méthodes normalisées.
C’est une démarche utile et parfaitement légitime.
Mais une question mérite d’être posée :
que devient cette surface après plusieurs années de passage, de nettoyage, de pluie, de gel, de frottement et de patine ?
Car une pierre naturelle n’est pas une surface figée.
Elle vit.
Elle s’use.
Elle se patine.
Et sa texture peut progressivement évoluer.
C’est précisément cette notion de durabilité de l’antidérapance qui est souvent beaucoup moins visible dans les fiches techniques.
Antidérapant aujourd’hui ne signifie pas nécessairement identique dans 5 ans
Pour rendre une pierre plus résistante à la glissance, il est possible de modifier mécaniquement sa surface.
Selon les pierres et les besoins, différentes finitions peuvent être utilisées :
- sablage ;
- brut de sciage;
- bouchardage ;
- flammage ;
- grenaillage ;
- certaines textures mécaniques particulières ;
- ou d’autres procédés permettant d’augmenter la rugosité de la surface.
Le principe est relativement simple : modifier la microtexture ou la macrotexture de la pierre afin d’augmenter l’accroche.
Au moment où la pierre sort de l’atelier, cette texture est bien présente.
Elle peut donc obtenir un résultat favorable lors d’un essai de résistance à la glissance.
Mais la véritable question est :
combien de temps cette texture va-t-elle rester identique ?
Pensez à un pneu
L’analogie avec un pneu est intéressante.
Un pneu neuf possède une sculpture profonde et une surface conçue pour assurer une bonne adhérence.
Mais personne ne considère qu’un pneu conserve exactement ses caractéristiques après des milliers de kilomètres.
Il s’use.
Sa sculpture diminue.
Sa surface se transforme.
Son comportement évolue.
Pour une pierre naturelle présentant une texture créée ou accentuée mécaniquement, le principe général de l’usure mérite également d’être pris en considération.
La circulation répétée des personnes agit comme un polissage progressif de la surface.
Les passages sont particulièrement importants dans les zones les plus fréquentées :
- autour d’une piscine ;
- devant une porte ;
- dans un passage étroit ;
- sur un escalier ;
- autour d’une terrasse ;
- dans un établissement recevant du public ;
- dans les zones de circulation d’un hôtel ou d’un restaurant.
La surface n’est donc plus exactement celle qui a été présentée au laboratoire le jour du test.
Le phénomène de patine est naturel… mais il modifie la surface
La patine d’une pierre naturelle n’est pas nécessairement un défaut.
Au contraire.
C’est souvent ce qui fait le charme d’une pierre naturelle.
Avec le temps, une pierre peut devenir plus douce au toucher, ses arêtes peuvent légèrement s’adoucir et certaines aspérités peuvent progressivement diminuer.
Mais cette évolution esthétique peut également s’accompagner d’une modification de la texture de surface.
C’est particulièrement important lorsque la sécurité dépend précisément de cette rugosité.
Plus la résistance à la glissance initiale repose sur une texture superficielle prononcée, plus il est pertinent de s’interroger sur son comportement après usure.
Des travaux consacrés au comportement des surfaces minérales montrent d’ailleurs que le polissage et l’usure peuvent modifier la microtexture et les caractéristiques de frottement.
Et lorsqu’il pleut ?
C’est là que le sujet devient particulièrement intéressant.
Une surface peut présenter un comportement très différent entre :
surface sèche
et
surface mouillée.
L’eau peut réduire le niveau d’adhérence entre le pied ou la chaussure et la pierre.
C’est pourquoi les méthodes d’évaluation de la résistance à la glissance prennent en compte différentes situations, notamment des essais sur surfaces humides. La norme NF EN 16165 actuellement en vigueur en Europe prévoit plusieurs méthodes d’essai pour caractériser la résistance à la glissance des surfaces piétonnières.
Mais il faut aller plus loin.
Une question importante est :
la surface qui a été testée humide en laboratoire sera-t-elle encore identique après 5, 10 ou 20 ans de circulation ?
C’est cette dimension temporelle qui mérite d’être davantage expliquée au consommateur.
Le procès-verbal n’est pas faux : il faut simplement savoir ce qu’il mesure
C’est probablement le point le plus important de cet article.
Chez FRANCEPIERRE, nous ne remettons pas en cause le sérieux d’un laboratoire ou la validité d’un procès-verbal.
Un essai réalisé selon une méthode normalisée donne un résultat correspondant à l’échantillon et aux conditions de l’essai.
Ce résultat a donc une réelle valeur.
Mais il ne faut pas nécessairement lui faire dire davantage.
Un procès-verbal peut démontrer qu’une pierre, avec une finition donnée, présente un certain niveau de résistance à la glissance dans les conditions de l’essai.
Il ne constitue pas automatiquement une garantie que cette même surface conservera exactement les mêmes caractéristiques après plusieurs années d’utilisation intensive.
Autrement dit :
Un test est une photographie.
La vie réelle est un film.
Et entre les deux, il y a :
- des milliers de passages ;
- des chaussures différentes ;
- des pieds nus ;
- de l’eau ;
- des poussières ;
- du sable ;
- des produits d’entretien ;
- des variations de température ;
- du gel et du dégel en extérieur ;
- des nettoyages répétés ;
- et surtout, l’usure mécanique.
Une pierre naturelle n’est pas un produit figé
C’est justement l’une des particularités de la pierre naturelle.
Contrairement à un produit industriel dont la surface peut être conçue pour rester parfaitement homogène, une pierre naturelle est constituée de minéraux dont la dureté, la structure et le comportement peuvent varier.
Deux pierres peuvent donc réagir différemment au même procédé de finition et à la même utilisation.
La résistance à la glissance dépend notamment de la texture de surface, de la nature minéralogique de la pierre, de l’état de la surface et des conditions dans lesquelles elle est utilisée.
Des études sur les pierres naturelles montrent notamment l’influence de la rugosité et des caractéristiques pétrographiques sur les résultats des essais de glissance.
Sablée, bouchardée ou flammée : une finition n’est pas éternelle
Prenons trois finitions bien connues dans le monde de la pierre naturelle.
La finition sablée
Le sablage crée une texture superficielle relativement rugueuse.
Cette texture peut contribuer à améliorer l’adhérence.
Mais les zones soumises à un passage répété peuvent progressivement se modifier et se lisser.
La finition bouchardée
La boucharde crée une multitude de petits impacts et de reliefs à la surface de la pierre.
Là encore, ces reliefs constituent une partie du mécanisme d’accroche.
Avec le temps et les passages répétés, ces reliefs peuvent évoluer.
La finition flammée
Le flammage modifie la surface de la pierre par un traitement thermique qui fait apparaître une texture particulière.
Son comportement dépendra notamment de la pierre utilisée et de la profondeur réelle de la texture obtenue.
Dans tous les cas, une règle simple doit être retenue :
une finition de surface doit être considérée dans son contexte d’utilisation et dans sa capacité à résister à l’usure.
Une terrasse de piscine n’est pas un laboratoire
C’est probablement la meilleure façon de résumer le problème.
En laboratoire, on contrôle :
- l’échantillon ;
- la méthode ;
- les conditions d’essai ;
- l’appareillage ;
- la température ;
- l’état de la surface ;
- et les paramètres définis par la méthode utilisée.
Sur une terrasse de piscine, la réalité est différente.
La pierre reçoit :
de l’eau + des pieds nus + du sable + des poussières + des produits d’entretien + des milliers de passages.
Et dix ans plus tard, la pierre n’est plus nécessairement dans le même état qu’au premier jour.
C’est pourquoi, lorsqu’on compare deux pierres naturelles, il est intéressant de ne pas regarder uniquement le chiffre indiqué sur un procès-verbal.
Il faut également regarder :
la nature de la pierre, la finition, la profondeur de la texture, son usage et sa capacité à conserver ses caractéristiques dans le temps.
L’erreur serait de confondre « testée antidérapante » et « antidérapante pour toujours »
Il ne faut donc pas tomber dans un raisonnement trop simpliste :
« Cette pierre possède un procès-verbal d’antidérapance, donc elle sera toujours aussi antidérapante. »
Le procès-verbal apporte une information importante.
Mais cette information doit être replacée dans son contexte.
La résistance à la glissance est une caractéristique qui dépend de la surface et de son état.
Or l’état d’une surface évolue.
C’est particulièrement vrai pour les sols soumis à une circulation importante.
Des recherches sur le polissage et l’usure de surfaces minérales montrent justement que les modifications de texture peuvent être liées à l’évolution des propriétés de frottement.
Alors, que faut-il demander avant de choisir une pierre ?
Chez FRANCEPIERRE, nous pensons qu’un acheteur devrait poser plusieurs questions avant de choisir un dallage pour une terrasse, une piscine ou un lieu très fréquenté.
1. Quelle est la pierre utilisée ?
Toutes les pierres naturelles ne présentent pas les mêmes caractéristiques.
2. Quelle est sa finition ?
Une finition brute, adoucie, sablée, bouchardée, flammée ou vieillie ne donnera pas le même comportement.
3. Dans quelles conditions le test a-t-il été réalisé ?
Surface sèche ou humide ?
Pieds nus ou chaussés ?
Quelle méthode d’essai ?
Quel échantillon ?
4. Quelle est la destination réelle du produit ?
Une terrasse privée n’est pas nécessairement soumise aux mêmes contraintes qu’une plage de piscine publique ou qu’un établissement recevant du public.
5. Et surtout : comment la surface va-t-elle évoluer avec l’usure ?
C’est peut-être la question la plus rarement posée.
La vraie question n’est donc pas seulement : « Est-elle antidérapante ? »
La bonne question est plutôt :
Comment cette pierre se comporte-t-elle aujourd’hui, et comment sa surface est-elle susceptible d’évoluer avec le temps et l’usage ?
Cette distinction est essentielle.
Une pierre peut parfaitement obtenir un excellent résultat lors d’un essai.
Mais une utilisation intensive peut modifier progressivement sa surface.
L’objectif n’est donc pas de chercher uniquement la pierre présentant le chiffre le plus élevé sur une fiche technique.
Il faut rechercher une solution cohérente entre :
la pierre + la finition + l’environnement + l’usage + l’entretien + la durabilité de la surface.
Chez FRANCEPIERRE, nous préférons parler de pierre qui vit
La pierre naturelle est un matériau vivant au sens esthétique du terme.
Elle se patine.
Elle évolue.
Elle se marque.
Elle change de couleur.
Elle se polit dans les zones de passage.
Et c’est justement cette évolution qui lui donne son caractère.
Mais lorsqu’il s’agit de sécurité, cette évolution doit être anticipée.
Une bonne pierre naturelle ne doit pas seulement être belle le jour de la livraison. Elle doit être choisie en fonction de l’usage auquel elle est destinée et de la manière dont elle va évoluer dans le temps.
Les procès-verbaux et fiches techniques sont donc des outils précieux.
Mais ils ne doivent pas devenir l’unique argument de décision.
Parce qu’une fiche technique décrit un produit.
L’usage, lui, raconte son histoire.
FRANCEPIERRE — La pierre naturelle, choisie pour aujourd’hui et pensée pour durer.
Pierre naturelle antidérapante : découvrez ce que les tests révèlent… et ce qu’ils ne disent pas sur la tenue de l’antidérapant dans le temps.



